Summary / Resumé
André Habisch: Christian Corporate Ethics. A Research Programme with Obstacles
Traditionally there has been very little organized dialogue between the tradition of Catholic Thought/Christian Social Ethics and Business enterprises in Germany. The reasons are grounded in the emergence of the Industrial society in Germany, which was dominantly promoted, by Protestant Entrepreneurs and Business scholars. Only recently, studies have been published and practical initiatives launched to break that mutual silence. This essay makes some basic indications to foster that process - following remarks of R. Kennedy on Aristotelian political philosophy. The responsibility of enterprises as ‘specialized associations’ is differentiated from the Common Good as a social order that is stimulating the personal fulfi llment of persons in a very general way. In contrast, the moral value of business enterprises stems from the special value that is created by them. Consequently, they owe special responsibility towards the persons who participate in the value creation process or are supposed to profi t from it (employees, clients, providers, society). Commitment in society (‘Corporate Citizenship’) also does not replace the political community but rather complements it proposing innovative solutions directed towards needy groups in society.
André Habisch : Une éthique chrétienne de l’entreprise. Un programme de recherche et les obstacles qu’il rencontre
Dans le passé, en Allemagne, il n’y avait guère de dialogue organisé entre les représentants de l’éthique sociale chrétienne et les chefs d’entreprise. Cela tenait au rôle prédominant joué par les entrepreneurs et les économistes protestants au cours de l’émergence de la société industrielle. Ce n’est que récemment qu’on voit paraître des études et se multiplier des initiatives pratiques visant à rompre ce silence. Cet article entend soutenir ce processus en développant quelques idées de base qui reprennent des remarques de R. Kennedy sur la philosophie politique d’Aristote. La responsabilité des entreprises en tant qu’ « associations spécialisées » est distincte du bien public, ordre social destiné à promouvoir, de façon générale, l’épanouissement personnel des individus. Au contraire, la valeur morale d’une entreprise provient des valeurs spécifi ques crées par elle. Elle assume donc une responsabilité particulière à l’égard des personnes qui participent au processus de création de valeurs ou sont supposées en profi ter (employés, clients, fournisseurs, société). Cela veut dire que l’engagement social de l’entreprise, loin de remplacer l’action de la communauté politique, va compléter celle-ci en proposant des solutions innovantes en faveur des groupes en situation précaire dans la société.