Summary / Resumé
Weyma Lübbe: Lifesaving as Waste of Scarce Resources? Rule of Rescue versus Saving Statistical Lives
The “Rule of Rescue” refers to the practice that, in order to save people from immediate peril, societies incur high costs largely irrespective of the fact that many more lives could be saved under alternative uses of the resources. The practice has been found difficult to explain, let alone justify, and has often been criticized. In the early literature in the context of the Oregon rationing experiment, the irrationality objection dominated in view of the obvious lack to consider opportunity costs. More recent contributions, taking account of the declining support for purely efficiency-oriented prioritization approaches, advance an equity objection: The practice discriminates against statistical lives.
Intent of the present contribution: This article provides a critical assessment of both objections.
Results: The following contentions result from the analysis: 1. The equity objection is unfounded; 2. Following the rule of rescue is (in a certain sense) inefficient, but it is not irrational; 3. The criticized judgments result from deepseated shortcomings in the action-theoretical concepts used (or rather, omitted) in the literature. These shortcomings are inherent in the consequentialist framework dominating the debate and deserve more attention.
Weyma Lübbe : Sauvetage de vie comme gaspillage de moyens limités ? » Rule of Rescue « contre sauvetage de » vies statistiques «
Le terme » rule of rescue « désigne une pratique selon laquelle la société accepte des coûts élevés pour sauver des vies humaines en danger imminent – sans tenir compte du fait que, par une utilisation alternative des moyens, on pourrait sauver beaucoup plus de vies. Des théoriciens de la priorisation ont souvent critiqué cette pratique. Dès l’introduction de ce terme dans le débat sur la politique de santé, le reproche d’irrationalité a été formulé. On a dénoncé l’absence d’ une prise en compte des coûts d’opportunité, à savoir des avantages que l’emploi alternatif le plus efficace aurait procurés. Des contributions plus récentes tiennent compte de la désaffection croissante pour des concepts de priorisation orientés exclusivement vers l’efficacité et mettent en avant le problème de la justice. La règle discriminerait des » vies statistiques «. L’article analyse les deux reproches en avançant les thèses suivantes : 1. Le reproche de discrimination n’est pas fondé. 2. Par rapport à l’avantage médical, la pratique est peu efficiente, mais elle n’est pas irrationnelle. 3. Les reproches tiennent, chez les auteurs impliqués dans le débat, à des concepts insuffisants quant à la théorie d’action.